Synopsis

Dragoslava a quatre téléviseurs, trois petits-enfants, deux meilleures amies et un mari avec lequel qui elle se dispute la télécommande. Elle a vécu dans cinq pays sans avoir bougéde son appartement dans une petite ville frontalière. Les média et la politique se sont infiltrés dans le foyer familial de Dragoslava, et elle y réfléchit avec force et humour. En guise de contes, elle invente pour les enfants des histoires inspirées par la vraie vie, sans laisser s’effondrer sa foi en un  avenir meilleur. Dès que nous nous levons le matin, chacun de nos gestes est un acte responsable par lequel le monde commence à changer.

Trailer

Les explications du réalisateur

Nous sommes nombreux à avoir perdu l’espoir que notre vote peut changer quoi que ce soit; nous intéressant de moins en moins à la politique, nous nous sommes abandonnés à une léthargie dans laquelle fondent petit à petit nos valeurs citoyennes et notre sens de la responsabilité. Les systèmes autoritaires reposant sur l’absence de capacité de discernement- la nôtre et celle des détenteurs du pouvoir- ont profité de l’occasion pour faire leur retour sur la scène politique.
Ce que j’ai cherché à raconter, c’est une histoire intimiste à travers laquelle je traiterais des sujets qui me préoccupent ces dernières années : l’échec de la période d’après-guerre sur le territoire de l’ex-Yougoslavie, l’abus des mécanismes démocratiques pour instaurer de nouvelles dictatures, la confusion et le décalage toujours grandissant entre les actualités politiques présentées dans les médias et la réalité dans laquelle nous vivons, etla tendance de l’hommeà suivre les ordres et accepter les opinions de la masse sans discernement critiquedes conséquences de ses actes ou de son inactivité. Ces questions ne touchent pas uniquement cette région mais aussi les pays européens et de nombreuses sociétés plus éloignées.
La protagoniste, Dragoslava, est souvent plus authentique que l’élite intellectuelle nombriliste, détachée de la réalité, qui laisse passer l’occasion d’inspirer des changements sociaux plus profonds et durables. Le personnage de Dragoslava me permettait de dénicher cette impulsion motrice de l’engagement citoyen et politique, minimum indispensable pour enclencher un processus de guérison.
Considérant que la responsabilité contenue dans les gestes du quotidien est une catégorie politique, je m’intéresse à l’histoire d’une femme (peu) ordinaire de province, vivant une vie apparemment normale- sans situations extrêmes, qui vit bien sous un toit, mais qui est parfaitement consciente des processus sociaux et politiques tragiques qui se déroulent autour d’elle, et se demande sincèrement comment arrêter un tel cours des événements pour assurer aux nouvelles générations une vie digne et pleine de sens.

Biljana Tutorov

Diplômée en Archéologie et Histoire de l’Art à l’Université catholique de Louvain, Biljana Tutorov a intégré les études post-diplôme en Film anthropologique à l’École Pratique des Hautes Études de Paris. Pendant plusieurs années elle a suivi le cours deFilm ethnographique, enseigné par Jean Rouch, et celui d’Esthétique du film, enseigné par Alain Bergala. Elle a en même temps suivi des études de théâtre et d’art dramatique à l’École Internationale de Théâtre Jacques Lecoq à Paris. Elle a créé plusieurs installations vidéo, et elle a réalisé des courts et des longs métrages, des documentaires et des films de fiction, des œuvres vidéo, et des performances. Elle a travaillé en tant qu’assistante de Želimir Žilnik. De 1998 à 2011 elle travaille dans une maison de production suédoise « Long film » dont elle est co-propriétaire. Désirant produire des films documentaires, animés ou films de fiction créatifs, en 2010, elle a fondé une maison de production indépendante « Wake Up Films ». Elle a fait partie du comitéde sélection pour la sélection régionale du festival « Free Zone ». Biljana est membre des associations DOKSrbija, Réseau documentaire européen (EDN), Réseau européen des professionnelles de l’audiovisuel (EWA) et du réseau EU-RODOC.
Son dernier documentaire long métrage « Quand arrivent les cochons » a eu sa première à « Sarajevo Film Festival » en 2017, le film a été récompensé par le Réseau documentaire européen, et il a eu le prix spécial du jury au Festival Indépendant de Sofia.

WAKE UP FILMS

La maison de production indépendante WAKE UP FILMS a été fondée en 2010 à Novi Sad. Sa fondatrice est Biljana Tutorov, historienne de l’art, réalisatrice et productrice. Son activité principale est la production de films d’auteur,documentaires ou de fiction. WAKE UP FILMS travaille actuellement sur plusieurs films documentaires et de fiction qui en sont à différentes étapes de production. Les projets de WAKE UP FILMS ont été sélectionnés pour Rough Cut Boutique / Cinelinkau Festival de film de Sarajevo 2011 ; Doc Tank 2014- East Doc Platform, Prague ; Cross VideoDays 2014 à Paris ; Lisbon Docs 2014 ; Docs@Work / Festival dei Popoli 2014 ; Visions du Reel 2015 ; Zagreb Dox Pro 2016 ; EURODOC 2016 ; BDC Discoveries 2016, EURODOC 2017, Paris Doc 2017 etc.
WAKE UP FILMS collabore régulièrement avec les festivals régionaux (Cinema City, Free Zone, Underhill) et les plateformes internationales pour le développement du film documentaire tels qu’EURODOC, Balkan Documentary Center, etc.

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